Chie Yoshii est née en 1974 à Kochi, au Japon. Elle grandit dans cette petite ville près des montagnes et de l'océan, entourée par la nature, les animaux et les insectes. Dès son enfance elle veut peindre et le désir d’être artiste peintre ne la quittera jamais.....
Chie Yoshii est née en 1974 à Kochi, au Japon. Elle grandit dans cette petite ville près des montagnes et de l'océan, entourée par la nature, les animaux et les insectes. Dès son enfance elle veut peindre et le désir d’être artiste peintre ne la quittera jamais. Bien des années plus tard, alors qu’elle a une vingtaine d’années, un tableau va tout changer pour elle. Lors d’une visite de l'église Saint-Louis-des-Français à Rome, elle y découvre l'Inspiration de Saint Matthieu, de Caravage. Elle est transportée devant la puissance de cette peinture, qui est depuis restée gravé dans sa mémoire et qui va définitivement la mettre sur la voie de la peinture.
Après son Bachelor of Arts à l'Université de Ritsumeikan de Kyoto en 1997 et soutenue par sa famille dans le choix qu’elle a fait, elle s’installe aux États-Unis, où elle obtient une licence en beaux-arts au Massachusetts College of Art en 2000. Elle commence sa carrière professionnelle en tant qu'artiste en effets visuels à Los Angeles, une voie et un métier plus pratiques. Mais la peinture, sa principale passion, est toujours là. Elle reprend des cours le soir et le week-end dans divers établissements artistiques tels que l'ArtCenter College of Design de Pasadena, la Los Angeles Academy of Figurative Art et l'Otis College of Art and Design pendant environ deux ans, jusqu'à ce qu’elle rencontre son mentor Adrian Gottlieb, un portraitiste naturaliste passé par Florence durant trois étés consécutifs, pour apprendre les techniques de peinture des maîtres anciens aux studios Charles H. Cecil. Elle décide alors d’étudier uniquement sous sa direction à Los Angeles pendant six ans, de 2002 à 2008, avant d'explorer son propre style et de trouver progressivement le courage de se consacrer professionnellement à sa peinture à plein temps en 2012.
Elle adore les couleurs vives et les détails des peintres flamands tels que Jan van Eyck, ainsi que le réalisme dramatique du Caravage. Elle est également influencée par l'univers mythique captivant de Gustave Moreau. Chie définit son travail comme une combinaison de symbolisme, de surréalisme et d'esthétisme, la mythologie et les contes anciens l'ont toujours fasciné. Cet intérêt la conduit à Joseph Campbell, puis à Jung et à sa théorie de l'inconscient collectif. Elle dit avoir trouvé l'explication de ce qu'elle peint dans l'ouvrage de Carl Jung, L'homme et ses symboles.
Les idées avancées par le psychiatre et psychologue suisse Carl Jung ont profondément influencé Chie dans ses projets personnels et artistiques. En particulier, la confiance de Jung dans les archétypes et les mythes universels revêt une importance considérable pour l'artiste. Cette théorie lui a fait prendre conscience qu’elle peint ses interprétations des images archétypales que nous partageons dans les couches les plus profondes de notre esprit. C'est une façon pour elle de faire partie de quelque chose de plus grand qu’elle et elle aimerait que le spectateur puisse également ressentir cette connexion. Ses peintures ne traitent pas de la réalité, mais des fantasmes qu'elle suscite dans son esprit. Ce sont des images surréalistes conçues de manière viscérale et plus tangibles que la réalité. Elle concrétise ce mythe intérieur qui, selon elle, est universel et intemporel.
Chie utilise la peinture à l'huile sur toile et sur panneau de bois, un medium qu’elle a choisi pour la brillance de ses couleurs et sa large gamme de valeurs, qui lui permet de stimuler les sens en créant des contrastes forts, tant sur le plan conceptuel que visuel. Ses peintures explorent des thèmes psychologiques intemporels à travers un mélange contrasté de techniques et de styles. D'une part, les coups de pinceau et la luminosité de ses panneaux rappellent les peintures flamandes traditionnelles, dans lesquelles les détails, la qualité des ombres et la douceur du teint de chaque personnage sont rendus de manière magistrale. D'autre part, le symbolisme subtil et la présence captivante des personnages apportent une touche inattendue de modernité accessible. Elle reconnaît cependant, qu’elle aimerait faire plus de dessins et essayer l'acrylique, car cela lui permettrait de créer rapidement et d'être plus spontanée. Elle adore le résultat des peintures à l'huile, mais cela prend tellement de temps de créer une peinture à l'huile que parfois, la spontanéité lui manque.
Une grande partie de son travail s'inspire de la relation entre la psychologie humaine et les archétypes mythiques. Les thèmes récurrents sont tissés dans des surréalités remplies de symboles et de récits visuels. Les images énigmatiques incarnent des éléments contradictoires tels que la nouveauté et la nostalgie, l'innocence et la sensualité, la force et la fragilité, reflétant la complexité de notre psyché.
Éthéré, lumineux, énigmatique, sensuel et surréaliste sont des adjectifs fréquemment utilisés pour décrire le travail de Chie. Elle est donc régulièrement qualifiée de surréaliste et de néo-surréaliste, des étiquettes qui semblent représenter fidèlement son style. Ses œuvres présentent certaines des principales caractéristiques de l'art surréaliste, telles que des images symboliques, des scènes qui semblent provenir de rêves plutôt que de la vie réelle et des juxtapositions étranges d'objets inhabituels ou inattendus, par exemple.
Ses œuvres ont été exposées dans plusieurs expositions collectives et individuelles dans des galeries du monde entier, notamment la Dorothy Circus Gallery en Italie, Urban Nation en Allemagne, la Corey Helford Gallery à Los Angeles et William Baczek Fine Arts à Northampton, dans le Massachusetts.
Le livre d’art Dreams : Chie Yoshii publié en décembre 2024 chez Sympathetic Press, présente plus d'une décennie de ses peintures à l'huile vibrantes et envoûtantes.
Chie Yoshii vit et travaille à Los Angeles même si l'idée de s'installer dans un endroit lui semble étouffante. L'idéal, pour elle, serait de pouvoir vivre dans plusieurs endroits et d'être toujours prête à partir.