Alessandro Bianchi est né à Tarquinia en 1990 et a grandi en Toscane, dans la province italienne de Viterbe, dans un environnement très stimulant pour l'art. Enfant, il a peur d'aller au lit. Des images mythiques surgissent de paysages sombres.....
Alessandro Bianchi est né à Tarquinia en 1990 et a grandi en Toscane, dans la province italienne de Viterbe, dans un environnement très stimulant pour l'art. Enfant, il a peur d'aller au lit. Des images mythiques surgissent de paysages sombres et surréalistes et des silhouettes obscures l'appellent dans sa tête. Il fait des cauchemars terribles et a l'impression qu'un portail est ouvert dans sa tête. Ses parents tentent de le rassurer en lui disant de ne pas s'inquiéter, mais il ne veut jamais aller se coucher parce qu’il sait qu’il va devoir retourner dans ce monde terrifiant. Il a vraiment peur.
Ses parents sont passionnés et dès son plus jeune âge, Alessandro commence à dessiner et à peindre presque automatiquement sous la houlette de son père, lui-même artiste peintre. Il commence sa formation dans l'atelier de celui-ci, où il apprend les secrets du dessin et de la peinture avec une formation particulière sur les processus techniques de préparation des pigments et des supports dérivés du célèbre traité de Cennino Cennini, Il Libro dell'Arte (Le manuel de l'artisan), le guide des méthodes de peinture du XVème siècle et des secrets et techniques des grands maîtres, qu’il adoptera ensuite dans son propre travail.
Très vite, il dessine des châteaux sur des nuages, des études naturalistes de poissons et d'oiseaux, de très longues maisons qui se perdent dans le ciel, des châteaux immenses et impossibles, des mondes étranges et inquiétants et de curieuses représentations d'enfers et de paradis très semblables à ceux dépeints par Bosch (qu’il ne connaît évidemment pas à l'époque), ce qui amène une institutrice effrayée à s'inquiéter de son état mental et à appeler ses parents, leur conseiller de soumettre leur fils à l'intervention d'un prêtre exorciste.....
Il étudie l'informatique à l'université de Pérouse, tout en continuant à dessiner et à peindre et obtient son diplôme en informatique en 2013. Il s’impose une vie devant l'ordinateur en pensant qu’il serait peut-être graphiste ou illustrateur et que l'art ne serait qu'un passe-temps. N’étant pas informé, il ne sait pas qu'il y a des gens qui arrivent à vivre de la peinture. Quand il découvre que c'est possible, il se fixe immédiatement un nouvel objectif. Atteindre un niveau de perfection qui lui permettra de se distinguer des autres peintres et pour y arriver, il va peindre et peindre encore en copiant des tableaux et il a de la chance, il vit dans un pays qui regorge de grandes œuvres d'art.
Il adopte le nom de Sicioldr, un mot qui lui vient bizarrement à l'esprit et qui devient important pour lui. C’est un mot mystérieux et ambigu, c'est le nom d'une figure symbolique intérieure qui s'est progressivement introduite dans son parcours artistique jusqu'à acquérir une vie propre. L'origine de ce nom lui est inconnue, il est entré mystérieusement dans sa vie il y a de nombreuses années sans qu’il se souvienne de quelle manière et vient très probablement du même monde que celui d'où proviennent ses œuvres.
Il décide de s’échapper de la vie d'informaticien et décide alors de vivre de son art. Il rénove la maison de ses grands-parents, créant un appartement au-dessus et un atelier au-dessous où il passe ses journées à peindre et à lire. Il mène alors une vie de "retraité", peignant au moins sept à huit heures par jour. Bien des années plus tard, l'artiste a enfin trouvé un moyen spectaculaire de se débarrasser de ses cauchemars, en transférant sur la toile les images qui hantent son subconscient.
Il dit avoir cultivé le gène de la peinture "clandestinement" et les images qu’il crée ne lui sont pas venues à l'esprit en tant qu'adulte, elles ont toujours été là, depuis son enfance. D'un coup de pinceau ou d’un coup de fusain, il crée une atmosphère onirique avec des paysages de conte de fées, des portraits lumineux et des personnages ambigus qui semblent flotter entre le bien et le mal dans ses peintures à l'huile et ses aquarelles. Si son imagerie s’inspire souvent de ses visions rêveuses ou cauchemardesques, il les tire également d'études sur l'histoire de l'art, la psychologie des profondeurs, la mythologie classique, la philosophie, la littérature ou encore la science.
Inspiré par des maîtres européens tels que Titien, Rembrandt, Léonard de Vinci et Raphaël, il fait preuve de compétences techniques extraordinaires pour un artiste qui n'a jamais suivi de cours d'art de sa vie et n'a jamais étudié l'art de manière formelle. Pour lui l'art ancien est le meilleur, la peinture européenne des années 1400 à 1800. Il y a une science de la peinture, la patine, les couleurs, la préparation, les tons sobres. Tout est raffiné.
Du surréalisme, il retient l'irrationalité et l'exploration de la psyché humaine, tandis que du symbolisme, il tire la dimension onirique. En ce qui concerne l'utilisation des couleurs, de la lumière et des détails, il s'inspire clairement du maniérisme et des peintres flamands. Ses peintures sont plongées dans une atmosphère contemplative ou chaotique, où des figures mystérieuses hors du temps remplissent solennellement l'espace, qui est un "ailleurs" indéfini, plein d'énigmes. Ce que nous ne pouvons pas définir et comprendre avec des mots est habilement imprimé sur la toile. Celle-ci devient le moyen essentiel de raconter au spectateur des visions qui, autrement, seraient indescriptibles.
Cependant il affirme, qu'il lui est difficile de parler de ses images, de leur signification et de leur imagerie, car elles parlent à travers un langage visuel ambigu, sibyllin. Issu d'une formation scientifique, Sicioldr est prudent lorsqu'il parle d'esprit, de spiritualité, de symbolisme et de sujets impliquant des faits impossibles à prouver par des moyens rationnels. Il estime simplement que certaines images ont une signification importante et c'est pourquoi il les peint.
Sicioldr est souvent comparé à l'artiste néerlandais Hieronymous Bosch, mais il s'inspire également du peintre français Odilon Rodon et du surréaliste italien peu connu Alberto Martini. S’il se sent plus proche des peintres symbolistes de la fin du XIXème siècle, il sait qu’il ne faut jamais s'enfermer dans un style précis, qu’il faut toujours être sincère et spontané, car c'est la seule façon d'avoir un vrai style, qui sera finalement cohérent et personnel. Il utilise une très ancienne technique appelée "delle velature", qui consiste à peindre plusieurs couches de peinture les unes sur les autres pour donner à toile des effets de matière et de lumière ainsi qu'un aspect plus réaliste.
Attention, sa progression ne doit pas être comprise comme une évolution, le style pictural de Sicioldr ne change pas, puisqu'il était déjà consciemment établi dans les œuvres de ses débuts. Celles plus récentes confirment une fois de plus son formidable et envoûtant savoir-faire, sans qu'il soit nécessaire de chercher des changements ou des solutions inédites. Sa progression doit être comprise exclusivement comme un approfondissement du monde dans lequel Alessandro se sent attiré, dans lequel il se sent appartenir en tant qu'artiste.
L’artiste a donc plus que suffisamment d'originalité pour faire sensation auprès des galeries et des collectionneurs en Europe, aux États-Unis et même en Australie. Il est reconnu internationalement et a participé à de nombreuses expositions individuelles en Italie, ainsi qu'à des expositions collectives en Europe, New York ou San Francisco et même Bangkok, où son style particulier a suscité un grand intérêt.
Le catalogue Alessandro Sicioldr: Il Sonno Aureo publié chez Primo Marella Gallery en 2024, contient la trilogie complète, y compris les vues d'installation, les photos des œuvres et les essais critiques des trois expositions présentées par l'artiste à la Galerie Primo Marella. Il Maestro, la Voce, la Luce en 2022, Il sogno dell’annuncio en 2023 et Il Sonno Aureo en 2024.
Alessandro Sicioldr vit et travaille à Pérouse, colonne vertébrale italienne de l'art de la Renaissance.