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CARMAN Bill

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Bill Carman est né à Séoul en 1957, en Corée du Sud, d'une mère coréenne contrebandière et d'un père agent secret du gouvernement américain. Sa mère accouche sur le sol de sa maison avec l'aide d'une sage-femme et donne naissance à un bébé de plus de 5kg, à moitié coréen, avec une tête en forme de banane et des cheveux blonds.....
 

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Bill Carman est né à Séoul en 1957, en Corée du Sud, d'une mère coréenne contrebandière et d'un père agent secret du gouvernement américain. Sa mère accouche sur le sol de sa maison avec l'aide d'une sage-femme et donne naissance à un bébé de plus de 5kg, à moitié coréen, avec une tête en forme de banane et des cheveux blonds. Sa famille déménage dans une banlieue typique de Californie du Nord alors qu'il est tout petit et à l'époque, comme il n'y a pas beaucoup de monde, le jeune Bill a des kilomètres de collines pour jouer et faire marcher son imagination, son principal outil pour lutter contre l'ennui. Il grandit en pêchant dans les ruisseaux, les rivières et l'océan de la côte centrale.
A l’école primaire de Mountain View (Californie), Bill est le deuxième garçon le plus rapide de l'école. C’est Bill Murray le plus rapide. A l’école primaire Regnart de Cupertino (Californie), Bill fait découvrir la pêche à Mark "Tank" Anderson. Au Collège de Cupertino, Bill réalise la seconde performance en saut en longueur de l’établissement. Keith Franco saute plus loin, mais il ne sait pas pêcher. Au lycée Monta Vista de Cupertino, Bill chante dans des pièces musicales, joue dans un groupe, suit un cours d'art donné par un entraîneur de football qui ne sait pas très bien dessiner et il pêche. Le De Anza College est un établissement un peu difficile pour terminer ses études secondaires, mais Bill continue à pêcher.
Il est essentiel de se comprendre soi-même, même si, quand on est jeune, c'est instinctif. Bill est bon dans la plupart des matières scolaires quand il le veut, mais il a rarement envie de l'être. Il joue donc dans des groupes, chante dans la chorale de son église LDS, joue au frisbee, fais des choses stupides et dessine. Personne dans sa famille n'est particulièrement artiste, à l'exception d'un poète semi-célèbre quelque part dans son arbre généalogique, Bliss Carman.
La musique est l'une des choses qui va l’amener à réfléchir à l'art non seulement comme plaisir, mais également comme source de revenus et comme moyen de gagner sa vie. Bill joue des claviers et chante dans un groupe qui reprend les tubes de l'époque, Jimmy Hendrix, les Allman Brothers et Chicago. La pochette de James Flournoy Holmes (Flor Noi) pour l'album Eat a Peach des Allman Brothers en 1972 ou encore les pochettes de Roger Dean pour Yes, comme beaucoup d’autres pochettes d'album, sont tellement inspirantes à l'époque, qu’il se dit "Wow, des gens font ça pour gagner leur vie".
Donc une fois arrivé à la fin de ses études secondaires, Bill continue à pratiquer sa musique et son art alors que la plupart des diplômés pensent à l'université et à leur réussite. Il dit en riant qu’il ne veut pas de travail, il veut avoir une vie. Mais depuis ses premiers griffonnages, il n’arrive pas à laisser le dessin et l’art de côté, alors quand arrive le temps d’entrer à l’université et l’obligation de choisir sa voie, il n’y a que deux choix pour lui, les arts visuels ou la musique. Il choisit et espère avoir fait un choix judicieux.

2

Bill étudie à la Brigham Young University (BYU), où il obtient un diplôme en communication visuelle et en illustration. C'est là qu'il rencontre son mentor, James Christensen dont le travail dans le domaine de la fantasy est mondialement connu. C’est lui qui est à l'origine de sa formation initiale à la peinture et qui restera toujours son ami et son inspiration. Il y rencontre également celle qui deviendra sa femme, Mollie. Après l'université, il travaille en tant que graphiste indépendant pour diverses entreprises qui fabriquent "des trucs cool" comme des couvertures de jeux vidéo. Le couple vit dans l'Est pendant un certain temps, mais l'Ouest leur manque. Bill aime l'Ouest, il est ouvert et vaste et il y a de la place pour vagabonder, il décide donc de retourner à la BYU pour suivre des études supérieures en peinture.
À ce moment-là, ses dessins sont en quelque sorte mixtes, son niveau de compétence est élevé, mais il a besoin de travailler sur le plan conceptuel. Il travaille et écrit beaucoup, faisant passer ses idées de quelque chose de flou à quelque chose de plus concret. Bill reconnaît que Robert Marshall, un de ses professeurs, a eu une énorme influence sur lui en lui apprenant à écrire comme un artiste et à penser comme un peintre.
Après avoir obtenu sa Maîtrise en peinture, Bill enseigne à l'université Cardinal Stritch de Milwaukee, dans le Wisconsin, pendant six ans. Alors qu’il y préside le département d'art, il reçoit un appel de Gary Rosine, un ancien professeur qui enseignait à l’université Boise State. Bill décide de lui rendre visite et là-bas, le ciel s'est ouvert. L'Ouest était là et puis, il avait déjà passé du temps à pêcher dans l'Idaho. En 1998, il accepte un poste de professeur de dessin et d'illustration à l'université d’Etat de Boise et y installe sa famille.
Bill, développe une méthode d'enseignement qui incite les étudiants à sortir des limites fixées par le système éducatif et à penser par eux-mêmes. Nous n'avons pas été construits autour de la pensée indépendante ou de la réflexion, tout a été conditionné étape par étape leur explique-t-il et en tant qu'artiste ou penseur indépendant, vous devez vous entraîner à vous arrêter, à regarder, à voir et à faire. Il leur apprend à repousser les limites de leur pensée, il leur montre que l'on peut aborder un projet de deux façons, soit en le faisant pour montrer ses compétences techniques, soit en montrant ce qui va vraiment "épater" les gens.
L'une des choses que Bill apporte au jeune artiste, est un sens de l'amusement et du plaisir dans ce qu’il fait. Dans son propre travail, il laisse l'humour et l'imagination jouer un rôle prépondérant et si on le relègue au rang de "fantaisiste", cela ne le dérange pas. Le plaisir qu'il éprouve à nier les attentes permet aux images de passer librement de sa tête à la plume ou au pinceau. Il préfère permettre à ses créations d'exister par elles-mêmes, plutôt que de leur imposer une désignation.

3

Si Bill enseigne, il trouve encore le temps de mener une carrière d'illustrateur professionnel et d'artiste. La scène artistique underground qui se développe depuis un certain temps sur la côte Ouest et qui gagne en popularité depuis le milieu des années 1990, semble avoir ouvert les portes à des artistes auparavant relégués au statut de "simple illustrateur". La prolifération de l’art pop-surréaliste et le fait qu’il existe des désignations pour ces formes d’art dans le monde de l’art en général ont permis de brouiller la frontière qui séparait historiquement l’illustration des beaux-arts. Maintenant que l’underground est sorti de terre, les portes des galeries et des musées s’ouvrent à des artistes qui existaient jusqu’alors en marge. Il existe davantage de moyens de se faire connaître et les choses évoluent sans que Bill doive changer sa façon d’être et de faire.
Son approche d’une œuvre est de lui permettre de se développer par elle-même, sans avoir déjà d'image en tête. Pour lui le processus est primordial, faire c'est la découverte. Le mystère est la partie merveilleuse des œuvres d’art illustratives, c’est le formidable ingrédient qui pousse les illustrations tout au long de leur cheminement. Visiter l’inconnu est la partie la plus excitante, ainsi qu’aller dans des directions dont il n’est pas sûr.
Ses peintures sont si ambiguës qu'elles laissent le spectateur regarder et décider du sens qu’il veut donner à l'œuvre. Lorsqu'il peint, il construit une histoire dans sa tête et l'histoire se développe au fur et à mesure, et parfois cela n'arrive qu'à la fin. Ses histoires vous emmènent dans des aventures à travers d'étranges mondes de science-fiction où vous rencontrez des créatures mi-humaines et mi-machines, même si certaines de ses œuvres sont cependant plus classiques. Bill joue dans le monde fantastique de la science-fiction ou dans celui du monde ordinaire. Il n'a pas de véritable maison, il joue dans de nombreux petits terrains de jeu, dans beaucoup de domaines différents et il ne peut pas mettre d'étiquette dessus, trop difficile pour lui. Il vit en marge de la fantasy et de la science-fiction, plonge un orteil dans le surréalisme, flirte avec le symbolisme et gratte même occasionnellement la surface de l'illustration traditionnelle.
Son travail est reconnaissable, mais il est difficile de le généraliser, car il varie suffisamment dans ses sujets et ses supports pour réserver toujours des surprises. Ses sujets sont vraiment poignants, ils peuvent vous faire rire aux éclats, mais ils peuvent aussi être très émouvants.

4

Il y a quelque chose dans ces êtres aux yeux écarquillés et au visage vide qui renferme une certaine nostalgie. L'interaction des animaux avec le reste du monde peut être à la fois hilarante et tragique, et les machines qui fonctionnent (ou non) pourraient provenir de n'importe lequel des trois derniers siècles ou du futur. Les lettres, les expressions et les phrases constituent une lecture intéressante, à la fois en tant que marques visuelles et pour leur contenu.
Fondamentalement il s'agit pour Bill de se remplir la tête de choses. Il s'inspire de l'imagination et du travail figuratif d'artistes de l'illustration et de l'image tels que Ben Shahn, Brad Holland, Al Cober, Ian Miller, Dave McKean, Brian Froud et Rockwell Kent. Il regarde beaucoup, tout et n’importe quoi et il lit les images. Il lit les combinaisons de couleurs, la saturation, le nombre de couleurs utilisées, l'épaisseur des lignes, la texture par rapport à l'aplat de couleurs. Il pose toujours des questions et il sait quelles questions poser. Il cite Hieronymus Bosch, qu'il admire pour sa précision et son imagerie sombre et fantastique, comme sa plus grande influence.
Lorsque Bill entre dans son studio, il rentre dans son laboratoire où les surfaces se défient et où émergent des personnages qui n'auraient probablement jamais dû voir le jour. Mais il continue à libérer ces choses de son esprit parce que c'est sa passion. Il est attiré par les surfaces sur lesquelles il travaille et a découvert que ce qu'il crée est souvent dicté par le matériau sur lequel il travaille. Il est vieux jeu et ne peut pas se passer du tactile. Il aime les choses avec une texture et une surface, avec une histoire et une histoire implicite. Il utilise de vieilles couvertures de livres, des pages, des morceaux de bois, des pots de Carmex, des boîtes Altoids et divers papiers trouvés. Il réagit toujours à ce sur quoi il travaille, il faut être très délicat avec les papiers délicats. La découverte est toujours une préoccupation pour lui, s’il perdait cette partie du processus créatif, tout cela deviendrait un travail.
Il a appris à peindre à l'acrylique au lycée et c’est pendant ses études à l’université qu’il passe à la peinture à l'huile, technique qu’il utilisera pendant des années. Plus tard, il a découvert les acryliques fluides, qui contiennent des pigments très clairs et sont liquides, ce qui correspond à sa technique de peinture transparente. Aujourd'hui, il utilise la plupart du temps des peintures acryliques et, occasionnellement, il termine ses peintures à l'huile. La peinture acrylique est idéale pour créer des textures, avec les formes aléatoires elles nourrissent son travail, et le temps de séchage des peintures acryliques facilite l'obtention de belles textures.

5

Il y a certaines constantes dans ses images, il y a toujours eu des animaux dans son travail. La pieuvre revient souvent dans l'œuvre de l’artiste, un vieux souvenir de pêche avec sa famille à Moss Landing. Parfois, les idées viennent d'un souvenir et ce souvenir peut s'appliquer directement à quelque chose qui se passe ou indirectement à une idée qui germe déjà. Son travail peut être vu comme une ménagerie. Il est le dieu de son propre univers et c'est un véritable maître, avec un don inné pour le dessin où il est très performant. Au cours des 20 dernières années, ses peintures sont devenues exceptionnellement riches et son travail est très rigoureux, organisé et réfléchi. Il aborde des problèmes profonds, mais de manière détournée et séduisante, il comprend les fragilités de la vie et il s'en réjouit. Mais il y a un peu de yang dans le yin et c'est aussi le meilleur pêcheur à la mouche en rivière.
Aujourd’hui Bill continue à faire ce qu'il a toujours fait, avec son mélange typique de modestie, de confiance, de flair, de processus expérimental et de concentration. Il y a des enseignements à donner et des commandes auxquelles il faut répondre, surtout, il y a des mystères insaisissables à suivre, à retracer et à communiquer visuellement.
Bill a travaillé comme designer, illustrateur et directeur artistique dans des universités, des agences de publicité, des éditeurs et de grandes entreprises comme Ford Aerospace, Louis Saekow Design, Quantum Advertising, Avid Publications, Brigham Young University and LucasArts Entertainment. Depuis l'obtention de ses diplômes, il a toujours travaillé en indépendant et exposé dans des galeries nationales à New York, Las Vegas, La Nouvelle-Orléans et Los Angeles.
Il a remporté plusieurs Prix et est suffisamment reconnu pour que ses œuvres apparaissent dans des publications annuelles comme la Society of Illustrators, New York annuals (médailles d’or et d’argent), Spectrum Fantastic Art (awards d’or et d’argent), 3x3, RSVP et American Illustration. Il a obtenu des médailles de bronze, d'argent et d'or de la CASE (Council for Advancement and Support of Education).
Il compte parmi ses clients Random House Inc. (En 2002, Bill y publie un livre pour enfants intitulé What's That Noise ?), LucasArts Entertainment, Macmillan, Group One, Quality Inn Hotels, Avid Publications, Atari, SSI, TSR Inc., SETI Institute, Boise Weekly, Susan G. Komen Foundation, Arthritis Foundation, Dana-Farber Cancer Institute, Timpanogos Singer Songwriter Alliance, Utne Reader, Idaho Fish and Game, NPR, Idaho Shakespeare Festival, Boise Contemporary Theatre, Opera Idaho et Plan Sponsor Magazine.
Son livre d’art Imagery from the Bird's Home: The Art of Bill Carman, est sorti chez Flesk Publication en 2015.
Bill vit et travaille toujours dans la région désertique de Boise, dans l'Idaho. Il n'arrête jamais de peindre et de dessiner pour des expositions et produit même encore à l’occasion une illustration un peu décalée sauf, bien entendu, quand il pêche.
Bill Carman est né à Séoul en 1957, en Corée du Sud, d'une mère coréenne contrebandière et d'un père agent secret du gouvernement américain. Sa mère accouche sur le sol de sa maison avec l'aide d'une sage-femme et donne naissance à un bébé de plus de 5kg, à moitié coréen, avec une tête en forme de banane et des cheveux blonds. Sa famille déménage dans une banlieue typique de Californie du Nord alors qu'il est tout petit et à l'époque, comme il n'y a pas beaucoup de monde, le jeune Bill a des kilomètres de collines pour jouer et faire marcher son imagination, son principal outil pour lutter contre l'ennui. Il grandit en pêchant dans les ruisseaux, les rivières et l'océan de la côte centrale.
A l’école primaire de Mountain View (Californie), Bill est le deuxième garçon le plus rapide de l'école. C’est Bill Murray le plus rapide. A l’école primaire Regnart de Cupertino (Californie), Bill fait découvrir la pêche à Mark "Tank" Anderson. Au Collège de Cupertino, Bill réalise la seconde performance en saut en longueur de l’établissement. Keith Franco saute plus loin, mais il ne sait pas pêcher. Au lycée Monta Vista de Cupertino, Bill chante dans des pièces musicales, joue dans un groupe, suit un cours d'art donné par un entraîneur de football qui ne sait pas très bien dessiner et il pêche. Le De Anza College est un établissement un peu difficile pour terminer ses études secondaires, mais Bill continue à pêcher.
Il est essentiel de se comprendre soi-même, même si, quand on est jeune, c'est instinctif. Bill est bon dans la plupart des matières scolaires quand il le veut, mais il a rarement envie de l'être. Il joue donc dans des groupes, chante dans la chorale de son église LDS, joue au frisbee, fais des choses stupides et dessine. Personne dans sa famille n'est particulièrement artiste, à l'exception d'un poète semi-célèbre quelque part dans son arbre généalogique, Bliss Carman.
La musique est l'une des choses qui va l’amener à réfléchir à l'art non seulement comme plaisir, mais également comme source de revenus et comme moyen de gagner sa vie. Bill joue des claviers et chante dans un groupe qui reprend les tubes de l'époque, Jimmy Hendrix, les Allman Brothers et Chicago. La pochette de James Flournoy Holmes (Flor Noi) pour l'album Eat a Peach des Allman Brothers en 1972 ou encore les pochettes de Roger Dean pour Yes, comme beaucoup d’autres pochettes d'album, sont tellement inspirantes à l'époque, qu’il se dit "Wow, des gens font ça pour gagner leur vie".
Donc une fois arrivé à la fin de ses études secondaires, Bill continue à pratiquer sa musique et son art alors que la plupart des diplômés pensent à l'université et à leur réussite. Il dit en riant qu’il ne veut pas de travail, il veut avoir une vie. Mais depuis ses premiers griffonnages, il n’arrive pas à laisser le dessin et l’art de côté, alors quand arrive le temps d’entrer à l’université et l’obligation de choisir sa voie, il n’y a que deux choix pour lui, les arts visuels ou la musique. Il choisit et espère avoir fait un choix judicieux.
Bill étudie à la Brigham Young University (BYU), où il obtient un diplôme en communication visuelle et en illustration. C'est là qu'il rencontre son mentor, James Christensen dont le travail dans le domaine de la fantasy est mondialement connu. C’est lui qui est à l'origine de sa formation initiale à la peinture et qui restera toujours son ami et son inspiration. Il y rencontre également celle qui deviendra sa femme, Mollie. Après l'université, il travaille en tant que graphiste indépendant pour diverses entreprises qui fabriquent "des trucs cool" comme des couvertures de jeux vidéo. Le couple vit dans l'Est pendant un certain temps, mais l'Ouest leur manque. Bill aime l'Ouest, il est ouvert et vaste et il y a de la place pour vagabonder, il décide donc de retourner à la BYU pour suivre des études supérieures en peinture.
À ce moment-là, ses dessins sont en quelque sorte mixtes, son niveau de compétence est élevé, mais il a besoin de travailler sur le plan conceptuel. Il travaille et écrit beaucoup, faisant passer ses idées de quelque chose de flou à quelque chose de plus concret. Bill reconnaît que Robert Marshall, un de ses professeurs, a eu une énorme influence sur lui en lui apprenant à écrire comme un artiste et à penser comme un peintre.
Après avoir obtenu sa Maîtrise en peinture, Bill enseigne à l'université Cardinal Stritch de Milwaukee, dans le Wisconsin, pendant six ans. Alors qu’il y préside le département d'art, il reçoit un appel de Gary Rosine, un ancien professeur qui enseignait à l’université Boise State. Bill décide de lui rendre visite et là-bas, le ciel s'est ouvert. L'Ouest était là et puis, il avait déjà passé du temps à pêcher dans l'Idaho. En 1998, il accepte un poste de professeur de dessin et d'illustration à l'université d’Etat de Boise et y installe sa famille.
Bill, développe une méthode d'enseignement qui incite les étudiants à sortir des limites fixées par le système éducatif et à penser par eux-mêmes. Nous n'avons pas été construits autour de la pensée indépendante ou de la réflexion, tout a été conditionné étape par étape leur explique-t-il et en tant qu'artiste ou penseur indépendant, vous devez vous entraîner à vous arrêter, à regarder, à voir et à faire. Il leur apprend à repousser les limites de leur pensée, il leur montre que l'on peut aborder un projet de deux façons, soit en le faisant pour montrer ses compétences techniques, soit en montrant ce qui va vraiment "épater" les gens.
L'une des choses que Bill apporte au jeune artiste, est un sens de l'amusement et du plaisir dans ce qu’il fait. Dans son propre travail, il laisse l'humour et l'imagination jouer un rôle prépondérant et si on le relègue au rang de "fantaisiste", cela ne le dérange pas. Le plaisir qu'il éprouve à nier les attentes permet aux images de passer librement de sa tête à la plume ou au pinceau. Il préfère permettre à ses créations d'exister par elles-mêmes, plutôt que de leur imposer une désignation.
Si Bill enseigne, il trouve encore le temps de mener une carrière d'illustrateur professionnel et d'artiste. La scène artistique underground qui se développe depuis un certain temps sur la côte Ouest et qui gagne en popularité depuis le milieu des années 1990, semble avoir ouvert les portes à des artistes auparavant relégués au statut de "simple illustrateur". La prolifération de l’art pop-surréaliste et le fait qu’il existe des désignations pour ces formes d’art dans le monde de l’art en général ont permis de brouiller la frontière qui séparait historiquement l’illustration des beaux-arts. Maintenant que l’underground est sorti de terre, les portes des galeries et des musées s’ouvrent à des artistes qui existaient jusqu’alors en marge. Il existe davantage de moyens de se faire connaître et les choses évoluent sans que Bill doive changer sa façon d’être et de faire.
Son approche d’une œuvre est de lui permettre de se développer par elle-même, sans avoir déjà d'image en tête. Pour lui le processus est primordial, faire c'est la découverte. Le mystère est la partie merveilleuse des œuvres d’art illustratives, c’est le formidable ingrédient qui pousse les illustrations tout au long de leur cheminement. Visiter l’inconnu est la partie la plus excitante, ainsi qu’aller dans des directions dont il n’est pas sûr.
Ses peintures sont si ambiguës qu'elles laissent le spectateur regarder et décider du sens qu’il veut donner à l'œuvre. Lorsqu'il peint, il construit une histoire dans sa tête et l'histoire se développe au fur et à mesure, et parfois cela n'arrive qu'à la fin. Ses histoires vous emmènent dans des aventures à travers d'étranges mondes de science-fiction où vous rencontrez des créatures mi-humaines et mi-machines, même si certaines de ses œuvres sont cependant plus classiques. Bill joue dans le monde fantastique de la science-fiction ou dans celui du monde ordinaire. Il n'a pas de véritable maison, il joue dans de nombreux petits terrains de jeu, dans beaucoup de domaines différents et il ne peut pas mettre d'étiquette dessus, trop difficile pour lui. Il vit en marge de la fantasy et de la science-fiction, plonge un orteil dans le surréalisme, flirte avec le symbolisme et gratte même occasionnellement la surface de l'illustration traditionnelle.
Son travail est reconnaissable, mais il est difficile de le généraliser, car il varie suffisamment dans ses sujets et ses supports pour réserver toujours des surprises. Ses sujets sont vraiment poignants, ils peuvent vous faire rire aux éclats, mais ils peuvent aussi être très émouvants. Il y a quelque chose dans ces êtres aux yeux écarquillés et au visage vide qui renferme une certaine nostalgie. L'interaction des animaux avec le reste du monde peut être à la fois hilarante et tragique, et les machines qui fonctionnent (ou non) pourraient provenir de n'importe lequel des trois derniers siècles ou du futur. Les lettres, les expressions et les phrases constituent une lecture intéressante, à la fois en tant que marques visuelles et pour leur contenu.
Fondamentalement il s'agit pour Bill de se remplir la tête de choses. Il s'inspire de l'imagination et du travail figuratif d'artistes de l'illustration et de l'image tels que Ben Shahn, Brad Holland, Al Cober, Ian Miller, Dave McKean, Brian Froud et Rockwell Kent. Il regarde beaucoup, tout et n’importe quoi et il lit les images. Il lit les combinaisons de couleurs, la saturation, le nombre de couleurs utilisées, l'épaisseur des lignes, la texture par rapport à l'aplat de couleurs. Il pose toujours des questions et il sait quelles questions poser. Il cite Hieronymus Bosch, qu'il admire pour sa précision et son imagerie sombre et fantastique, comme sa plus grande influence.
Lorsque Bill entre dans son studio, il rentre dans son laboratoire où les surfaces se défient et où émergent des personnages qui n'auraient probablement jamais dû voir le jour. Mais il continue à libérer ces choses de son esprit parce que c'est sa passion. Il est attiré par les surfaces sur lesquelles il travaille et a découvert que ce qu'il crée est souvent dicté par le matériau sur lequel il travaille. Il est vieux jeu et ne peut pas se passer du tactile. Il aime les choses avec une texture et une surface, avec une histoire et une histoire implicite. Il utilise de vieilles couvertures de livres, des pages, des morceaux de bois, des pots de Carmex, des boîtes Altoids et divers papiers trouvés. Il réagit toujours à ce sur quoi il travaille, il faut être très délicat avec les papiers délicats. La découverte est toujours une préoccupation pour lui, s’il perdait cette partie du processus créatif, tout cela deviendrait un travail.
Il a appris à peindre à l'acrylique au lycée et c’est pendant ses études à l’université qu’il passe à la peinture à l'huile, technique qu’il utilisera pendant des années. Plus tard, il a découvert les acryliques fluides, qui contiennent des pigments très clairs et sont liquides, ce qui correspond à sa technique de peinture transparente. Aujourd'hui, il utilise la plupart du temps des peintures acryliques et, occasionnellement, il termine ses peintures à l'huile. La peinture acrylique est idéale pour créer des textures, avec les formes aléatoires elles nourrissent son travail, et le temps de séchage des peintures acryliques facilite l'obtention de belles textures.
Il y a certaines constantes dans ses images, il y a toujours eu des animaux dans son travail. La pieuvre revient souvent dans l'œuvre de l’artiste, un vieux souvenir de pêche avec sa famille à Moss Landing. Parfois, les idées viennent d'un souvenir et ce souvenir peut s'appliquer directement à quelque chose qui se passe ou indirectement à une idée qui germe déjà. Son travail peut être vu comme une ménagerie. Il est le dieu de son propre univers et c'est un véritable maître, avec un don inné pour le dessin où il est très performant. Au cours des 20 dernières années, ses peintures sont devenues exceptionnellement riches et son travail est très rigoureux, organisé et réfléchi. Il aborde des problèmes profonds, mais de manière détournée et séduisante, il comprend les fragilités de la vie et il s'en réjouit. Mais il y a un peu de yang dans le yin et c'est aussi le meilleur pêcheur à la mouche en rivière.
Aujourd’hui Bill continue à faire ce qu'il a toujours fait, avec son mélange typique de modestie, de confiance, de flair, de processus expérimental et de concentration. Il y a des enseignements à donner et des commandes auxquelles il faut répondre, surtout, il y a des mystères insaisissables à suivre, à retracer et à communiquer visuellement.
Bill a travaillé comme designer, illustrateur et directeur artistique dans des universités, des agences de publicité, des éditeurs et de grandes entreprises comme Ford Aerospace, Louis Saekow Design, Quantum Advertising, Avid Publications, Brigham Young University and LucasArts Entertainment. Depuis l'obtention de ses diplômes, il a toujours travaillé en indépendant et exposé dans des galeries nationales à New York, Las Vegas, La Nouvelle-Orléans et Los Angeles.
Il a remporté plusieurs Prix et est suffisamment reconnu pour que ses œuvres apparaissent dans des publications annuelles comme la Society of Illustrators, New York annuals (médailles d’or et d’argent), Spectrum Fantastic Art (awards d’or et d’argent), 3x3, RSVP et American Illustration. Il a obtenu des médailles de bronze, d'argent et d'or de la CASE (Council for Advancement and Support of Education).
Il compte parmi ses clients Random House Inc. (En 2002, Bill y publie un livre pour enfants intitulé What's That Noise ?), LucasArts Entertainment, Macmillan, Group One, Quality Inn Hotels, Avid Publications, Atari, SSI, TSR Inc., SETI Institute, Boise Weekly, Susan G. Komen Foundation, Arthritis Foundation, Dana-Farber Cancer Institute, Timpanogos Singer Songwriter Alliance, Utne Reader, Idaho Fish and Game, NPR, Idaho Shakespeare Festival, Boise Contemporary Theatre, Opera Idaho et Plan Sponsor Magazine.
Son livre d’art Imagery from the Bird's Home: The Art of Bill Carman, est sorti chez Flesk Publication en 2015.
Bill vit et travaille toujours dans la région désertique de Boise, dans l'Idaho. Il n'arrête jamais de peindre et de dessiner pour des expositions et produit même encore à l’occasion une illustration un peu décalée sauf, bien entendu, quand il pêche.

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